JUSTICE un jour viendra.. versus APHEX

Dépassés par le buzz qu’ils avaient eux-mêmes lancé, Justice et leur manager Pedro Winter se retrouvent accusés de cynisme irresponsable voire de fascisme. Raisonleur dernier clip.. Grosse polémique pour faire toujours parler toujours plus.. Justice want your money.. Aphex .. your soul

aphex twin - come to daddy



Justice & Aphex encore

Pour avoir diffusé un clip d'Aphex Twin, Windowlicker (1999), réalisé par Chris Cunningham, le réseau européen de MTV a du verser une amende de 484 500 dollars à Ofcom, l'instance britannique en charge du contrôle des médias. Raison : avoir passé la version longue avant 21h .... “fuck”, “fuck you” “motherfucker” en paguaille

AUDIOPIXEL

Bâti comme une chambrette au milieu de nulle part, avec de la paille dans les chansons et des paillettes en guise d’étoiles, avec des électrons digitaux fumés au feu de bois et des passages pop crépitant à la lueur du crépuscule, voilà « Memento Rumori », premier mini-album d'Audiopixel. Un disque au charme étrange, sonnant comme une musique "de laptop sans laptop". Regorgeant d'effets numériques, d'interférence, la musique d’Audiopixel joue à l’équilibriste sur le fil d’Ariane, plonge les bruissements de l’électronica de Mego pour s’envoler rapidement vers des mélodies évanescentes d’un apprentissage classique. Jeux de cordes et atmosphères rugueuses, voix féminine entre chant et murmure, un piano, une ou deux guitares, quelques pédales d’effets, « Menmento » s’évapore dans des phrases mélodiques rappelant Fennez, Smog, Codeine et Braille. Une musique simple et authentique dépouillée de ses accessoires de pacotille, pour un disque que l’on sait pour longtemps sur la platine.

AUDIOPIXEL « MEMENTO RUMORI » (Effervescence / La Baleine)

MGMT

Cindy Crawford, Rick Rubin et Mickey Mouse font partie des célébrités remerciées dans les notes de pochette. Une version de l’imaginaire née des émois et fantasmes des adolescents américains, une version au format et aux couleurs d’un poster pop, une psychotropic beach party qui doit tout autant au psychédélisme mid-60’s qu’aux installations interactives, en cours dans l’art contemporain, mariant la vidéo, la peinture et la gerbe. MGMT (prononcez management) a tourné l’an dernier aux Etats-Unis en première partie de Of Montreal. Ils se définissent avec perversité entre Hall & Oates et Royal Trux. On évoquera plus sûrement les Fiery Furnaces, entre les Klaxons et Arcade Fire, alors qu’aux quatre coins du monde moderne, on loue déjà les effets seconds de leur premier album produit par David Fridmann des Flaming Lips, un disque qui sent l’encens et la térébenthine, un disque où l’on chante dans la vibration du technicolor, entre pop chorale et électro glam, entre paganisme mystique et jeu de rôles néo hippies dans Second Life. Let’s make some music/make some money/Find some models for wives/I’ll move to Paris/Shoot some heroin and fuck with the stars… This is our decision to live fast and die young, chantent-ils dans le clip à lunettes 3D de Time to pretend.


MGMT Oracular spectacular (Columbia) - Patrcik Peiffer

MOCHIPET

MOCHIPET AND BLOODYSNOWMAN « UNICORN GLOWSTICKS RAVE PARTY » (CREAKED RECORDS)

Mochipet et Shawn Porter rallument la ferveur des excités de la ritournelle 808 à l'aide de lance-flammes expulsant bumpy rhythmes. Face A : ELECTRO 888 Hymne à danser sous les retors d'un hélico aux couleurs d’Altern8. Sirènes d'alertes old massive rave music et vieux breakbeat des années 90, on s'use les oreilles entre crise d'acide et beat blanchis à la chaux. Face B : « Neon Wizard Championsh » cogne direct dans l’estomac fragile d'un traveler en manque de speed-sensations, crache son concentré de beats robotisés . Massive drum kick !

(Kro pour TSUGI)

LEILA

La classification de ce disque sur Warpmart est variée « Electronica Rock / Metal Soul / Funk ». L’auberge ! Leila Arab vient de rejoindre l'écurie Warp après une pause musicale de sept années et propose un 10’’. Poétiques ou métalliques, grinçantes ou sophistiquées, les sources sont ici plurielles. Face A : Atmosphères crépusculaires, riff de guitare imposant, sa musique libère une énergie rock bien éloignée de ses premières productions sur Rephlex. Face B : Nonchalance et conte de fée.. Leila fait le grand écart entre Bjork et Enik (Funkstorung), Archive et Sugar..

LEILA – « Mettle » – Warp- pour TSUGI

BEEHATCH

BEEHATCH est le projet de Philip Western et Mark Spybey (DVOA, Zoviet F),.. Rencontre à Vancouver, il ya plus de 10 ans. Entre lignes lofi electronica et samples éthnique, vibrato de guitare et ambiances que ne renierait pas Faust ou Zoviet*France, entre notes de piano et scratchs bruitistes, entre samples naturels et mélodies cassées, Beehatch signe un freestyle lunaire où l'on devine les influences de Wire ou Suicide . Métissage de blues futuriste et de tech déstructuré, une ballade dans les étendues sombres d'Asphodel, imaginaire naviguant entre lampadaires des villes et lupiotes de studio d’enregistrement de Spooky. Singulier


CD Lens Records LENS0019
www.lensrecords.com
www.myspace.com/beehatched

SCARLETT JOHANSSON

David Andrew Sitek de TV on the Radio, a rassemblé les hommes dans un studio à la résonance boisée, à Maurice, une petite ville d’à peine un millier d’âmes, à quelques kilomètres de Lafayette, en Lousiane. À Thanksgiving, toute la région s’y déplace pour acheter un Turducken, un tiers canard, un tiers dinde, un tiers poulet, une grosse volaille quasi mythologique qu’on cuisine à la mode cajun. Scarlett Johansson y était attendue comme dans un épisode de Twin Peaks. L’actrice vient y répéter un nouveau rôle, celui d’une chanteuse de la ville, rejetée par la tempête. Une blonde dans l’oeil du cyclone. Un petit chaperon rouge qui a bouffé du loup, à la voix grave et au rouge à lèvres vermillon. Et un conte surgi de la matière instrumentale et d’une collection de reprises de chansons de Tom Waits, mêlées de parfum de terre noire et de courants chauds, de mécaniques de boîtes à musique et de grondements liturgiques. Un scénario né de la distortion, entre folklore, free jazz, pop eighties et noise prog rock, entre la guitare de Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs, l’orgue de Sean Atananaitis et les chœurs de David Bowie. Un projet musical étrange et addictif évoquant 4AD, Lynch et Spector.


SCARLETT JOHANSSON - Anywhere I lay my head (Warner) - Patrcik Peiffer

EMILY JANE WHITE

La jeune femme californienne, fan d’Emily Jane Bronte et de PJ Harvey, dort avec sa guitare et scénarise ses rêves. Quelques-uns l’entendent la première fois sur la BO d’un film présenté à Sundance il y a deux ans, Wild tigers I have known de son amie Cam Archer, photographe auteur de quelques mises en clips pour Six Organ of Admittance, Xiu Xiu ou Zero 7. Wild tigers, la chanson, mélancolique et majestueuse, lui vaut d’être confondue avec Chan Marshall, entretenant avec cette dernière le goût d’une certaine noirceur. Sur l’album d’Emily Jane White, il y a cette chanson sur Bessie Smith, la célèbre chanteuse de blues des années 30 qui a souffert de son identité bisexuelle, indiquant le chemin de mélodies incantatoires, évoquant le trouble de l’identité, le jeu des apparences, le langage du travestissement et le rôle de quelque démon rôdant dans les abîmes du sommeil. L’ensemble du disque fonctionne comme dans une caisse de résonance, un songe de chamber folk où grondent les violoncelles, évoquant tour à tour Shivaree dans un plan Tarantino (Hole in the middle), les Trinity Sessions des Cowboy Junkies (Dagger), Tori Amos (The Demon) ou plus particulièrement Cat Power, dans un entrechat d’arpèges, d’ombres et de lumières. Superbe.


EMILY JANE WHITE - Dark undercoat (Talitres) - Patrick Peiffer