SIGHTINGS / HRVATSKI

SIGHTINGS / HRVATSKI

Troisième référence pour l’impeccable série Div/orce, split single en format 45 tours. Après Fourtet et Matmos, voilà donc le tour de Keith Hrvatski, accompagné du groupe free rock noise new-yorkais Sightings. Repéré, il y a quelques années sur Planet Mu, Hrvastki est ici au sommet de son art. « Une drôle de journée » est à lui seul un concentré de toute la diversité de la musique actuelle et des références de son auteur. Breakbeat grésillant, jeu de batterie bancal , petit interlude de noisy electronica et mélodie pop ensoleillée, Hrvastski enjambe les styles et les méthodes avec une facilité déconcertante. Un coup de pied dans la passivité actuelle. Face B, Sightings couine dans des enceintes tachées du sang de gladiateur hardcore. Gaulé comme une reprise de Sonic Youth par Fantômas, « Back to back » éclabousse de sa noirceur jusqu’au frisson qui vous court le long de l’échine.

SIGHTINGS / HRVATSKI « SPLIT DIV /ORCE SERIES » (Ache)

MAZK

Onze minutes. Il faut onze minutes à Masami Akita (Merzbow) et Zbigniew Karkowski pour en arriver au point de saccage. Saccage du petit confort dominicale, des petites assurances d’une musique électronique à manuel mais sans âme. On débarque en pleine brume épaisse et opaque, un brouillard qui pourrait bien nous foutre la pétoche lorsque l’on connaît les deux protagonistes vivant au Japon. Les essuie-glace fatigués cuinnent comme pour annoncer le déluge. La bourrasque ! Il pleut une pluie sale, lourde et poisseuse, noire de parasites et de sonorités traitées à l’éther. Les murs se fissurent sous la pression des remous asthmatiques, le sol s’envase dans un vrombissement sonore raide comme un I. Puis un espace vierge , où l’on découvre la solitude nocturne, les embruns de la mer du Nord, les démangeaisons rongeant comme autant d’érosions. Derrière l’inexorable écoulement du sable, du temps et des crépitements sonores, c’est l’usure corporelle et morale, les phases euphoriques accompagnées de consternations violentes.. « In real Time » vous malaxe, vous entame, vous purifie. Un décrassage sonore comme une rafale de vent en pleine tempête de sable. La chanson traditionnelle de la dernière minute, vous annonce que vous êtes repartis pour un tour.. Physique !

MAZK « In real Time » (Ytterbium)

AGASKODO TELIVEREK



AGASKODO TELIVEREK - The Gay Hussar (Adaadat)
Il est maintenant de notoriété publique que l’écurie Adaadat est « cramée » et indispensable à l’image de ce 45 tours Face A / B Le cross-overs de l’impossible. Dans la ligne de Crack : W.A.R. ;, Agaskodo pratique un electro foutraque où s’entrechoquent des influences radicales allant du Punk-rock au 8bit en passant par les riffs de Yes dans un chaos ludique et explosif de bonne humeur. . Le tout fringué avec la panoplie complète

MAX TURNER

Morose! La journée finissait comme elle avait commencé. Grisaille au balcon. Pas mieux au boulot. Et voilà que Charlotte Gainsbourg, annoncée au casting du prochain Terminator il y a quelques jours, remballe son costume et se retire du projet. Quelle journée blafarde.. C’était sans compter sur Max, réjouissant ma fille âgée d’un an et demi dansant devant la chaîne avec ses maracas. Véridique ! Max Turner sautille dans ses santiags de Jesus, invente ses slams vocaux pendant ses promenades en combinaison lunaire dans les rues de Barcelone, dessine son univers dans le bus du Puppetmastaz Tour.. Sa musique est riche et curieuse, ludique et inventive, trouvant son sillon entre Black Elvis et reggeaton ésotérique, tempo folklorique local et electro-beats dansée avec ses amis Felix Cubin et Christian Vogel. Une déclinaison à la fois technique et paillarde du hip-hop qu’il propose sous la forme de 3 maxis (le second vient de sortir pour l’été) déclinant ses tracks en version chantée et instrumentale. Un tourbillon mystique et poétique idéal pour une ballade bucolique au son des cheesy flutes et des maracas ..rose !

«  Early Reflections EP » & « Reflextions on liquid »( Metabooty / A-musik)

DEPTH AFFECT

Entre les labels Anticon et Autres Directions in Music, les échanges ont vite été fructueux, hybrides et de bonne augure. A l’image des albums des nantais de Depth Affect. Folk, hip-hop, post-rock ou electronica, la musique décline aucune appartenance à une clan mais s’octroie des paternités multiples. Une ribambelle de parents, frangins, cousins.. Des invités de « marque » (Alias et Cyne, invités de leur premier album "Arche-Lymb" sont ici remplacés par Subtitle et Awol One), des beats cut & dance , des drones rapides et des bleeps ciselant la structure electro hip-hop, l’exercice du copier-coller est maîtrisé à merveille à la fois complexe et efficace, intriguant et bucolique. Une musique cyclique , curieuse, épineuse et buissonnière.;

« Hero Crisis » ( Autres Directions In Music

THIS MELODRAMATIC SAUNA

Du jeune dandy fasciné parSimon & Garfunkelau gentleman David Sylvian brillant dans les méandres de Rain Tree Crow, des bidouilles électroniques aux harmonies pop guitarisées,Jonathan Seilman propose une démarche musicale en crabe entre classicisme et atypisme. Et ce premier album en est sans doute le meilleur exemple. On retrouve au long de ces douzemorceaux tout un universsensible et dépouillé. Envolées au piano et mélancolie à fleur de peau, les ambiances se frottent dans un subtil télescopage entre les arrangements de cordes et l'ambre des cuivres, les emprunts à la pop cérébral de Spoonfed Hybrid (du sous label Guernica de 4AD) et son intérêt pour les atmosphères sombres travaillées par Vincent Gallo. Poésies atmosphériques et rêves éveillés, on dérive vers un monde auditif apaisant où l’on imagine bien le fantôme de Jeff Buckley bavardant avec Davide Balula et Encre, et Philippe Poirier travaillant avec Robert Wyatt sur des reprises de Lisa Germano. Cet album apparaît alors comme la nouvelle bande son de nos jardins secrets ; sa chaleur « classique » , ses arrangements de cordes, et ce chant susurré nous invitant à faire une pause sur les mousses vertes des bords de rivière. Là où les fleurs éclosent à l’ombre…

THIS MELODRAMATIC SAUNA « Et les fleurs éclosent à l’ombre » (Efferverscence)

DUNCAN O CEALLAIGH

Duncan ó Ceallaigh s’était fait remarqu »é l’année passée sur le label U-Cover avec « 'distant voices, still lives' . Il revient avec un CD 3 pouces . Face A : Elements d’ambient, microsound, drone de guitare et mélodies simples et impulsions de longueur inégale, la musique s’invite alors comme une compagne fragile, acre et envoûtante, crépitante et fragmentée. Face B : Délicate musique du vent, virevoltant entre emprunts classiques et jeux de matières fuzziènnes, maturités folk-pop et expériences micro-electronique


DUNCAN O CEALLAIGH « Ecclesia semper reformanda » (Parvoart)

QUINTRON & MISS PUSSYCAT

Le boss de Tigerbeat6 est tout chien-fou devant Quintron et Miss Pussycat. Avec eux, on ne tente pas un cross-over de l’impossible, on est simplement inventif, déluré, et irrésistiblement dans la veine d’un garage band pur sang. Dans un joyeux bric-à-brac de sueur et de skaï usé, de veste cintrée et de cocktails affreux-disiaques, la fougue freak et le panache rock s’entrechoquent dans les influences radicales punk et l’efficacité scénique. Quintron et la Miss n’inventent pas un nouveau style, ni un adage musicale bancale, mais font tout simplement une musique qui a des couilles et des déhanchés, de l’histoire et de l’énergie à revendre. Derrière son orge customisé en vielle bagnole américaine, accompagné de sa Drum Buddy (boîte à rythme initiée au tcha-tcha-tcha), Quintron joue à merveille son rôle d’organiste félin rodant dans les tanières de John Spencer, des Cramps, de Bowie et de Jimmy Tenor. Le tout entre paroisses de la Nouvelle Orléan et nightclubs. Devant, maracas au poing, Miss Pussycat chante, braille, bastonne avec ses nasty marionnettes. Un garage band foutraque et jouissif idéal contre la sclérose des cerveaux bloqués sur la mode du revival. Un disque qui fera passer toutes les starlettes électro-guitare actuelles pour de vieilles rombières du brushing-culture middle class.

QUINTRON & MISS PUSSYCAT « Swamp Tech » (Rhimestone Records)