MAZK.. j'ai réécouté

Onze minutes. Il faut onze minutes à Masami Akita (Merzbow) et Zbigniew
Karkowski pour en arriver au point de saccage. Saccage du petit confort
dominicale, des petites assurances d'une musique électronique à manuel
mais sans âme. On débarque en pleine brume épaisse et opaque, un
brouillard qui pourrait bien nous foutre la pétoche lorsque l'on
connaît les deux protagonistes vivant au Japon. Les essuie-glace
fatigués cuinnent comme pour annoncer le déluge. La bourrasque ! Il
pleut une pluie sale, lourde et poisseuse, noire de parasites et de
sonorités traitées à l'éther. Les murs se fissurent sous la pression
des remous asthmatiques, le sol s'envase dans un vrombissement sonore
raide comme un I. Puis un espace vierge , où l'on découvre la solitude
nocturne, les embruns de la mer du Nord, les démangeaisons rongeant
comme autant d'érosions. Derrière l'inexorable écoulement du sable, du
temps et des crépitements sonores, c'est l'usure corporelle et morale,
les phases euphoriques accompagnées de consternations violentes.. « In
real Time » vous malaxe, vous entame, vous purifie. Un décrassage
sonore comme une rafale de vent en pleine tempête de sable. La chanson
traditionnelle de la dernière minute, vous annonce que vous êtes
repartis pour un tour.. Physique !

MAZK « In real Time » (Ytterbium)

Adaadat Single

Début du message réexpédié :

AGASKODO TELIVEREK - THE GAY HUSSAR (ADAADAT)
Il est maintenant de notoriété publique que l'écurie Adaadat est
« cramée » et indispensable à l'image de ce 45 tours Face A / B Le
cross-overs de l'impossible. Dans la ligne de Crack : W.A.R. Agaskodo
pratique un electro foutraque où s'entrechoquent des influences
radicales allant du Punk-rock au 8bit en passant par les riffs de Yes
dans un chaos ludique et explosif de bonne humeur. . Le tout fringué
avec la panoplie complète du joueur de foot, ou dans des shorts moulant
aux couleurs du drapeau américain.

DJ SCOTCH EGG - SCOTCHAUSEN. (ADAADAT)
Face A/B : Rondo Veneziano rencontre la tribu breakcore… Avec DJ SCOTCH
EGG, on se prend à écouter du classique de façon hystérique. On
frétille devant le nouveau album de « musique de chambre »  vendu par
un cowboy se faisant appeler Doormouse. Sur ces reprises de Mozart,
Bach, Philipp Glass et Moondog, on passe l'aspirateur en regardant un
Derrick ressemblant étrangement à Dj Donna Summer. Derrières les plans
space-age muzak.. les délires beatniks, du pied hardcore, des virages
break acide..

Planet mu single

VARIOUS PRODUCTION & VIRUS SYNDICATE « APOLLO/NEVA ARGUE » (PLANET MU)
Face A : Fumeux, poussiéreux et couleur de terre battue, une première
face sombre mais pas hostile. Face B : Handclaps caverneux, basses
gusto–psycho ce n'est plus de la rigolade... Carbonisant The Bug sur un
bûché confectionné avec les back-catalogue de Techno Animal, on respire
à plein nez les odeurs de souffre, le plastique chaud et les résidus de
poudre.

SUNKEN FOAL « FERMENTED CONDIMENTS » (PLANET MU)
Face A : SUNKEN Foal tente la fusion des rythmes électroniques
complexes, des enregistrements acoustiques (piano, guitare et batterie)
et des atmosphères spatiales aux intonations new-age. Face B : « Follic
Abandon » s'offrant le luxe de trimbaler ses guêtres vers Autechre
avant un final jazz. « Colloidal Silver » morceau pop aux accents
orchestral. Un résultat sans âge, qui peut dérouter les habitués de
l'électronica et surprendre les novices..

FUCK BUTTONS

Face A : Appuyé par le poids d'une rythmique tribal aux accents
militaire, le riff d'une guitare argneuses, le synthé shoegazer de
Spacemen 3 scintille comme un phare en pleine brume. Jeu rock
virevoltant entre deux murs d'enceintes, crachant à plein volume My
Bloody Valentine et Sunn O))) Face B : Andrew Weatherall fait le pari
de rendre le morceau « Sweet Love for Planet Earth » éligible au
dancefloor. Basses rebondissantes pour popotins volontaires aux remous
house. Attitude gentiment crâneuse d'un vieux de la vieille ayant déjà
fait ses preuves avec Primal Scream. Break tech' made by Bpitch
attrappe-tout et tirant sur la longueur..Gros claviers retro-futuriste
signé DC Recordings. Une panoplie de ficelles pour un résultat au goût
de nostalgie (Tsugi)


FUCK BUTTONS « Colours Move (inc. Andrew Weatherall Remix) » (ATP)

BOMB THE BASS

BOMB THE BASS
!K7 véritable mécène ! Le label berlinois nous offre le retour de Tim
Simenon, à qui l'on doit notamment les imparables « Beat Dis » et
« Megablast ». Et autant avouer tout de suite que l'homme est encore
dans l'air du temps. Formes épurées, courbes élégantes dub , textures
pop de « So Special » ( sorti en version single agrémenté d'un remix de
Michael Fakesh), la musique de Bomb The Bass trouve une vraie
modernité, sans lourdeur revival ni exotisme superflu. Car nous ne
sommes pas ici dans le retour aux grâces après un long séjour dans la
naphtaline. Ce n'est pas la nostalgie des smiley, mais un album qui
trouve facilement sa place entre les productions de du label allemand
Gomma et les influences d'Adrian Sherwood
« Future Chaos » (K7)

VERT

VERT
Adam Butler est toujours convainquant dans l'exercice de la composition
effectuée dans l'urgence. Exercice de l'immédiat, qu'il reprend ici
avec un remix de l'ensemble de la programmation du festival Novara Jazz
Festival. Le tout diffusé dans la cour médiévale Broletto avec toile de
fond la vidéo des installations de l'artiste Luca Trevisani.
Incorporant des enregistrements de chacun des concerts immédiatement
après leur diffusion, dans la frénésie d'une semaine passée dans un
hôtel, Vert compose de façon bohème . Céleste ou enchanté, groovy ou
expérimental, une musique morcelée en collages mais on peut
difficilement imaginer un environnement plus propice à la ballade
numérique et la promotion du mélange des styles. Un très bon album
d'Adam, qui paradoxalement se cache derrière les vedettes du festival:
Mina Agossi Trio, Trio di Terra, Louis Moholo & Stan Tracey, Jelly Roll
Morton, Fabrizio Ottaviucci, Nik Bartsch's Ronin, et d'autres encore
  « New thing at Novara » (Sonig)

ECHOKRANK

Malade de l'écho ! En main, une disco-cartographie regroupant esthétique electro pop des premières productions électroniques, fantômes des années punk garage, fumigènes des années club, panoplie noire d’une jeunesse new-wave et références majeures couplant les Belges de Telex, Plastic Bertrand, Blevin Blectum et naturellement Felix Kubin. Le duo berlinois (Stereo Total, Brezel Göring ) s’amuse ! On embarque instantanément dans cet univers de puppets délurées, de groove électronique carbonisé au soleil noir, et de gros son ricochant sur les murs de la cave recouverts d’autocollants de garage band pur sang adolescent.


ECHOKRANK « No title » (Gararin Records)