THE TUSS

THE TUSS « Confederation Trough » (Rephlex)
La sortie d’une production Rephlex stickée d’un pseudo mystérieux fait toujours l’objet de convoitise, d’interrogation, de messe basse et de rêves les plus fous. Imaginez ! ce pourrait bien être Richard D James planqué derrière tout cela, tant les tracks scintillent d’arrangements rappelant « Analord ». En quelques secondes, le décor est planté. Dès "Fredugolon" et sa série de claps crépités d’acide, ou « Alpsacka » aux envolées sourdes et mélodies ténébreuses, on pense irrésistiblement à la recette maison du grand rouquin.. Paysages étranges et mélodies émouvantes, références breakbeat et acidités de rigueur, The Tuss donne toute la mesure de son talent, parvenant à faire résonner ces rythmiques influencées par les productions de ses grands frères (Cylob, µ-zic ) dans une réflexion poétique de nappes mouvantes. S'efforçant de garder cette lumière rarement aussi bien utilisée depuis Aphex dans les recoins de cette facette dance-expérimentale, Brian Tregaskin (après une petite recherche sur myspace) éclaire l’horizon actuel avec ses poussières astrales, ses sonorités non aseptisées et son romantisme de silicium

PORTRADIUM & PJUSK

PORTRADIUM « Transaltlantyk » (PPT)
Bande sonore présentée comme un « Passeport pour l’imaginaire et la découverte ! », la volonté de Ludovic Poulet est ici portée sur la recherche et la rencontre d’images intemporelles sujetes à nos souvenirs enfouis. Allongé sur la toile, les lumières éteintes,il laisse le public découvrir pleinement les sonorités planant dans l’air entre performances multimédia, expérimentations noize, électro acoustique et minimal ambient. On retiendra les textures riches de l’ambient raisonnant sur les parois de verres, les démangeaisons infectieuses d’une l’électronica teintée de classissisme, ou les résonances du post-rock claquant le bitume. Impeccable compagnon pour une divagation dans un petit monde fragmenté et éclaté où vous vous ferait votre propre cinéma..

PJUSK « Sart » (12K)
30 degrés… Le parc de la Défense s’était mis au vert pour la première fois depuis longtemps. De quoi s’y méprendre et se croire à la campagne, avant de remarquer que l’arbre était sec, l’herbe rouge, la terre brûlée, le béton fissuré. Le désert, plus d’âmes. Uniquement les vents artificiels des ventilations des buldings environnant. Plus tard, au clair de lune, les harmonies s’évanouissant dans les plumes d’un corbeau magistral, papillon de nuit se cramant les ailes sur le lampadaire, les mélodies s’époumonent en voyant la nuit soufflant son « mortal coil ».. Dehors les arbres sont toujours secs, les feuilles jonchent le sol. L’air fait frémir.

HANNA HARTMAN

HANNA HARTMAN « Ailanthus » (Komplott / Metamkine)
Hanna Hartman est suédoise et habite en Allemagne. Compositions de collages sonores macro ou micro, elle enregistre aux quatre coins du globe ou au niveau du parquet de son studio pour narrer ses sensations, ses souvenirs pliés à la façon de l’art origami. Grincements du bois sous l’emprise du feu, vol d’insectes, souffle du vent, porte qui claque, chants d’oiseaux et de vaches.. Dans les coins cornés de ce pliage sonore « Ailtanthus » (pour le label suédois Komplott, responsable de la sortie en 2005 de «Longitude / Cratere) », on devine Hazard (B.J. Nisen), Einsturzende Neubauten ou encore Leafcutter John..

TUJIKO NORIKO




TUJIKO NORIKO « Solo » (Edition Mego)
Pour « From Tokyo to Naiagara », Tujiko Noriko proposait une promenade fiction aux atmosphères crépusculaires. Mélancolie quotidienne projetée sur le bitume mouillé, nomades intra-muros expatriés dans les fjords de Leila.. Après quelques albums de collaboraiton, on retrouve Tujiko seule pour un album de campagne. Elle interfère minimalisme pop, collages ambiants aigre-douce, expérimental cotonneux et post-rock maquillé, pour un album résolument plus posée et lumineux. Tujiko abandonne la grisaille pour aller se rouler dans les herbes hautes, jouant avec le vent, les nuages et le soleil..

Album Avril

KOMORI « convul C.K » (Rolax)
Se laissant la liberté de piller aussi bien dans les discographies du label Rephlex que les liquid-jams de Phoenecia, Komori est un artiste attachant aussi pertinent dans ses batifolages ludiques que ses expérimentations sous « L’emprise ». Car « Convul C.K» est un disque du cœur, des tripes et de l’esprit. Se baladant entre électronica empoisonnée, grésillements pathologiques, electro cramé et minimal step-break, il joue, essaye, se lance tout en passion. Contours rugueux de ses rencontres avec le crew Schematic (que l’on retrouve aux remixs), tonalités primaires de l’acid house et les mélodies de drugs-boys, on pourrait aussi bien lui associer comme camarade de fortune Team Doyobi que de Plasticman, Luke Vibert qu’Aphex. Un maxi véritablement vivant loin de normes chirurgicales du genre. Courageux et nécessaire dans cette période de vaches plus que maigres..

SINCABEZA « Edit sur passage avant fin ou montée d’instrument » (distile record)
Second album pour ce trio de Bordeau, grippant guitare et crachant refrains dans la caisse claire de la batterie. L’éthique sans fioritures inutile miroitant sur des rythmiques griffées pure souches, les lignes de basses ricochant sur des rythmiques toujours sur la brèche, cet album instrumental s’invite à la scène vivace française menée par Papier Tigre ou Chevreuil, tout en conservant son originalité. Car le son ici ne se veut pas agressif, vaguant plus vers des références jazz qu’à l’esprit punk, préférant les liens sonores millémétriques de Tortoise à la fougue.. Des compositions complexes, chargées de petits détails qui entraîne dans une écoute attentionnée.

VARIOUS ARTISTS « KAMIKAZE CLUB 04 / 05 » (Peace off)
Peace Off nous remet le couvert avec une grande louche de cocktails moloteufs drum’n’hardcore. Mixant valeurs sûres et contremarques pillées dans les bacs jungle, la turbine tourne en sur-régime sur les dancefloors allumés. Sur la pression de scores mis en boucle, entre déflagrations et ritournelles 4/4, les artistes au rendez-vous appuient là où ça fait mal, sculptent un breakbeat extrême plongé dans une baignoire d'acide, mélange breakcore et phat beats scratchés dans une sulfureuse déflagration. Dos à dos sur les deux derniers volumes, Electric Kettle, Kos, Math Head, Enduser, Parasite, Droon, Sickboy, Noize Creator, Mr Kill et naturellement l’infatigable boss Rotator..

SINCABEZA & CRACK UND ULTRA ECZEMA

SINCABEZA « Edit sur passage avant fin ou montée d’instrument » (distile record)
Second album pour ce trio de Bordeau, grippant guitare et crachant refrains dans la caisse claire de la batterie. L’éthique sans fioritures inutile miroitant sur des rythmiques griffées pure souches, les lignes de basses ricochant sur des rythmiques toujours sur la brèche, cet album instrumental s’invite à la scène vivace française menée par Papier Tigre ou Chevreuil, tout en conservant son originalité. Car le son ici ne se veut pas agressif, vaguant plus vers des références jazz qu’à l’esprit punk, préférant les liens sonores millémétriques de Tortoise à la fougue.. Des compositions complexes, chargées de petits détails qui entraîne dans une écoute attentionnée.


CRACK UND ULTRA ECZEMA
Poteau-punk à géométrie mutant, le groupe strasbourgeois se la ramène avec leurs compositions bruyantes et flamboyantes. Subversive, curieuse, lancinante ou cinglante, la musique de Crack, trouve sa force noire dans une hybridation aux contours mutants. Entre les cavalcades bruitistes de Sonic Youth, les basses tribales de Moonshake, les voix sifflantes comme un écho à Pj Harvey, les guitares crépitant comme un hommage aux Faithealers. On retrouve ici cette impeccable veine sombre des années Too pure, comblée de fougue et de surprise.. Un plaisir certain .. maintenant, reste à savoir si le groupe existe toujours !
« What do you think you think ? » (Tes fesses records)





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SECRET MOMMY



SECRET MOMMY « Plays » (Ache / Chica-chic)
« Une langue de sottises électroniques brisées» voilà comment définit Andy Dixon son nouvel album. À la différence de la rigidité technique de ces travaux précédents (« Very Rec » créé entièrement des enregistrements des centres de loisirs, ou d' « Hawaï 5.0 »,à base de samples tropicaux), Secret Mommy, figure de proue du label canadien Ache, opte pour la griffe foutraque d’une jam perpétuelle imaginée dans le but de l'album électronique anti-électronique. Exempt de tous bruits synthétiques, ceux sont les cordes du piano et des guitares ; les rougeurs du saxophones et de la trompette qui donnent à cet album sa chaleur "classique ". Entre énergie naturelle et fantômes de Boo Radleys, les ambiances se frottent dans un subtil télescopage entre la reconstruction électronique et l'ambre du bois. A la croisée des chemins, entre la blouse blanche de Matmos et le grand bazar de SUN OK PAPI K.O, la smash pop de Creation et l’auberge espagnole Sonig, « Plays » est un album qui dépassera les modes et les méthodes pour se bonifier avec le temps.

A&E

A&E
Le couple « æ » s’est trouvé contraint de changer de nom.. après une obscure attaque de Autechre, s’appropriant cette concaténation représentant l’amour, Andew et Emiko se présentent désormais sous « A & E ». Un changement sans incidence sur leur musique, toujours aussi positivement éclairée et joueuse. Chant japonais traditionnel, guitare aux accords jazz, influences punk jouées sur un tambour hawaien, le duo griffonne avec malice la bande son d’une journée de grand soleil, intemporel, flottant entre travaux post-punk et collages gameboys, télescopages vaudous et musique populaire , rytmiques jungle et ambiances salon.. Pizzicato Five versus Tigerbeat 6, Mouse on Mars versus Gentle People. Un très beau disque sorti sur Sonig, label incontestablement indispensable…
« Oi ! » (Sonig / Chica-chic)